Je rentre de trois semaines intenses et riches dans la Silicon Valley avec la conviction que la Valley reste l’endroit où il faut être pour entreprendre dans les nouvelles technologies. L’avance des Américains par rapport à nous autres, Européens, reste en effet considérable, particulièrement sur certains segments comme le web 2.0… pour ne pas dire web 3.0. Ma démarche était d’identifier et de comprendre, au travers d’entretiens avec des entrepreneurs et des VCs, les nouvelles activités qui y sont développées, les motivations et les recommandations des Français installés là-bas, les avantages et les inconvénients d’y entreprendre, ainsi que les particularités des VCs. Les serials entrepreneurs à fort «trackrecord» ainsi rencontrés venaient directement de France tels que Loïc Le Meur (Seesmic) et Béatrice Tarka (Mobissimo), ou étaient déjà établis de longue date aux Etats-Unis comme Renaud Laplanche (Lending Club), tous déjà bien soutenus par des fonds d’investissement pour leur dernière société. De plus jeunes entrepreneurs tels qu’Hubert Thieblot (Curse) ou Julien Sornay (Wuiper) ont aussi démarré avec de plus petits moyens – selon la méthode «garage» qui avait déjà réussi aux fondateurs de Microsoft, Yahoo!, etc. Le premier a déjà prouvé à quelques fonds le fort potentiel de son activité, et Wuiper le fera certainement prochainement…

Quelles motivations ?
Malgré ces différences de moyens et de «trackrecord», les motivations qui les ont poussé à s’installer outre-Atlantique sont les mêmes : créer une entreprise globale, être au cœur de l’innovation et aller très vite dans le développement de leur activité. La Silicon Valley est le lieu où tout se passe en termes d’innovation et de projets 2.0. C’est aussi un endroit où le seed capital est plus facile d’accès qu’en Europe. Différents réseaux permettent de faire des rencontres rapides : la communauté française, celle du web 2.0, les réseaux d’université, etc. Et l’entraide entrepreneuriale y est assez forte – on entend souvent la phrase «how can I help you ?» La région grouille de talents – pour ne pas dire de «petits génies», et il est ainsi possible d’y recruter de très bons profils. En revanche, il peut-être difficile de les conserver tant la compétition est forte et les salaires élevés. Les différences culturelles y sont également très importantes. Par exemple, chaque profil pour un job est souvent plus spécialisé. Les responsabilités sont donc plus découpées qu’en France où un même profil pourrait gérer plusieurs tâches. Globalement, le coût pour se lancer reste plus élevé qu’en Europe à cause du haut niveau des salaires, des locaux, des frais juridiques, etc.

Expériences et conseils
Les conseils donnés par ces entrepreneurs sont les suivants : faire des repérages et s’associer à un acteur local pour éviter les problèmes culturels et gagner du temps ; ne pas hésiter à faire appel à un consultant possédant un réseau de contacts important pour ouvrir des portes ; se mélanger avec les Américains pour mieux s’intégrer ; «networker» off et online pour rencontrer un maximum de gens ; lancer le plus vite possible en réalisant une version alpha pour tester et valider son projet, avoir une bonne vision de son business model. Côté levée de fonds, la préférence de tous ces entrepreneurs étant la proximité, les VCs américains sont en théorie privilégiés. Dans la pratique, la levée se fait souvent là où l’entrepreneur possède son réseau. Renaud Laplanche de Lending Club (réseau social de prêts online), qui en est à sa deuxième société créée aux Etats Unis, a eu rapidement la confiance des investisseurs suite à la vente de sa première start-up à Oracle. Il a ainsi pu lever 10 millions de dollars auprès de VCs uniquement américains : Norwest Ventures Partners et Canaan Partners. Béatrice Tarka, pour le moteur de recherche de voyages Mobissimo, a réalisé une levée mixte de 1 million de dollars auprès de VCs américains (Cambrian Ventures et Benhamou Global Ventures) et du prestigieux européen Index Ventures. Loïc Le Meur, arrivé plus récemment, a levé pour le service de conversation vidéo online Seesmic 6 millions de dollars majoritairement en Europe et auprès de quelques business angels américains… Hubert Thieblot, avec Curse (communauté online de joueurs MMO), avait levé 4,2 millions auprès d’AGF PE et Phillimore Investissement avant de s’expatrier aux Etats-Unis…

L’attrait pour les VCs américains
Les VCs américains sont globalement plus appréciés pour différentes raisons. La première est qu’ils disposent souvent d’une expérience opérationnelle importante, avec un vrai vécu entrepreneurial, à l’instar de Daniel Ciporin, partner de Canaan Partners en charge de Lending club, qui cumule une double expérience dans les services financiers (Mastercard) et dans l’Internet (shopping.com), qui a séduit tout de suite l’entrepreneur. Les VCs ont ainsi un vrai potentiel – et souvent un vrai rôle – de coaching. Deuxième raison : face à une concurrence croissante, ils vont très vite dans la signature d’un deal. A titre d’exemple, Renaud Laplanche, de Lending Club, a reçu une termsheet seulement quatre semaines après son premier meeting et le closing ne s’est fait que six semaines après la termsheet. Jeff Clavier, du fonds d’amorçage SoftTech VC, s’engage à remettre une term-sheet sous 3 jours lorsqu’un dossier l’intéresse. La troisième raison est la différence marquante avec les européens sur la priorité donnée en phase de seed et pré-revenu. En effet, les VCs américains demandent aux entrepreneurs de se focaliser sur l’exécution du projet, par exemple la capacité à recruter une communauté, à signer des clients etc. et d’avoir une première vision du business model. Le focus n’est en aucun cas sur les revenus potentiels qui pourraient être générés tout de suite. Ces derniers seront regardés en phases de déploiement. En revanche, une contrainte, évoquée peut-être plus régulièrement par les entrepreneurs ayant affaire aux VCs américains, est une majeure dilution au capital de la société suite aux levées souvent importantes – les troisième et quatrième tours seraient plus fréquents. Partant de ces constats, l’année 2008 ne serait-elle pas l’occasion pour les investisseurs européens de profiter de la faiblesse du dollar pour investir dans des start-ups aux Etats-Unis, si possible d’origine française, et d’y envoyer quelques personnes en relais pour assurer le suivi, voire apprendre le venture «à l’américaine» ?

1/ Renaud Laplanche, fondateur et CEO de Lending Club (Sunnyvale)

Avocat chez Cleary Gottlieb Steen & Hamilton à Paris puis New York, Renaud Laplanche a créé, dès 1999 à New York, Triplehop Technologies, éditeur du logiciel de recherche interne à destination des médias Matchpoint, finalement revendu à Oracle en 2005. Après un an chez Oracle dans la Silicon Valley en tant VP en charge de l’activité Search, il a décidé en 2006 de créer Lending Club, un réseau social de prêts online où les particuliers peuvent emprunter et prêter de l’argent à un taux plus intéressant qu’en passant par une banque. Lending Club répond à un besoin réel puisque, aux Etats-Unis, un particulier ayant des économies les dépose sur un compte d’épargne rémunéré à 5% maximum, et un autre particulier ayant un besoin momentané de trésorerie emprunte auprès de sa banque à un taux compris entre 13 et 14% en moyenne pour du crédit à la consommation, 15 à 22% pour des cartes de crédit. La particularité de Lending Club est de se développer au travers d’applications présentes sur les réseaux sociaux et autres plateformes sociales comme Facebook, MySpace, Ning et Plaxo. Son business model est basé sur la facturation d’une commission prélevée à l’emprunteur sur le montant total du prêt et une commission prélevée au prêteur sur le montant prêté chaque mois. Depuis son lancement en mai 2007, Lending Club a facilité près de 10,6 millions de dollars de prêts et se positionne ainsi comme le n°2 sur cette activité derrière l’américain Prosper et devant l’anglais Zopa. La société a réuni 2 millions de dollars en 2006, une partie autofinancée par Renaud Laplanche et l’autre provenant de business angels ayant investi précédemment dans Triplehop, avant de lever, mi-2007, 10 millions auprès de Norwest Ventures Partners et Canaan Partners. La sortie visée par Renaud Laplanche est l’IPO.
Ses conseils : «S’associer à un Américain pour éviter les problèmes culturels et gagner du temps, ne pas hésiter à prendre un consultant avec un réseau important pour ouvrir des portes.»
www.lendingclub.com

Renaud Laplanche (Lending Club)

2/ Béatrice Tarka, fondatrice et CEO de Mobissimo (San Francisco)

Béatrice Tarka fait partie des rares femmes entrepreneurs dans la Valley. Elle a déjà à son actif deux «success stories», France Portage, fournisseur de bases de données pour la distribution de la presse vendu à France Télécom, et Axall Media, éditeur de logiciel de divertissement, voyage et de produits éducatifs. En 2000, elle décide de venir régulièrement dans la Silicon Valley pour travailler avec un ami de Stanford sur un projet de base de données XML. Constatant qu’à cette période il est plus que difficile de trouver des hôtels disponibles dans la région, une idée émerge progressivement. En 2003, Béatrice décide de créer, tout d’abord en France, puis très vite aux Etats-Unis, Mobissimo, un moteur de recherche sur Internet qui permet de faciliter la recherche de voyage et d’obtenir les meilleures offres disponibles. Ce service, qui a ouvert progressivement aux Etats-Unis, en France, en Angleterre, en Espagne, en Inde, en Pologne et tout récemment en Italie, est le premier moteur de recherche à intégrer les compagnies «low cost». Son activité est centralisée à San Francisco, chaque pays couvert disposant seulement d’un business developer et d’une agence de RP. Le business model repose sur le reversement de commissions et la publicité. Depuis sa création, Mobissimo réalise chaque année 100% de croissance. Les facteurs-clés de son succès se résument d’une part à l’intégration des offres des compagnies low cost, monétisées par la publicité, et d’autre part, au développement dans des pays européens que Béatrice connaît parfaitement ainsi que dans des pays émergents à forte croissance, là où ses concurrents américains (Sidestep et autres) n’ont pas de savoir-faire. Mobissimo vient en outre de sortir une nouvelle version de son service intégrant un moteur de recherche contextuelle très poussé puisqu’il permet de faire des suggestions pertinentes aux utilisateurs et d’agréger des contenus extérieurs tels que la météo, les photos provenant de Flikr, etc. Mobissimo a levé 1 million de dollars en 2004 auprès des américains Cambrian Ventures et Benhamou Global Ventures et de l’européen Index Ventures, qui réalisait ainsi son premier deal aux Etats-Unis. Cette levée précisait que la société pouvait lever 4 millions de dollars supplémentaires auprès des mêmes investisseurs. Cette option n’a pas été utilisée car Mobissimo a été rentable plus vite que prévu. Aujourd’hui, elle a deux possibilités pour financer son développement dans les pays émergents : une levée de fonds pré-IPO auprès de VCs ou bien directement une IPO soit aux Etats-Unis, soit en France, où Mobissimo est actuellement sollicitée pour être la première société américaine montée par une française sur l’Alternext.
Ses conseils : «S’appuyer, avant la levée de fonds, sur les prestataires (PR et autres) qui nous aideront à obtenir ces fonds, rencontrer des entrepreneurs sur place afin de rester en état d’alerte permanent.»
www.mobissimo.com

Béatrice Tarka (Mobissimo)

3/ Loïc Le Meur, fondateur et CEO de Seesmic (San Francisco)

Blogger et serial entrepreneur «star» en France, Loïc Le Meur a créé successivement 4 sociétés : RapidSites, services d’hébergement pour PME vendu à France Télécom ; B2L, agence web cédée à CLM BBDO ; Ublog, plateforme de blogs reprise par SixAppart où il est resté quatre ans en tant qu’executive VP EMEA et dont il est encore président ; LeWeb3, événement international incontournable sur le web réunissant près de 2000 entrepreneurs, visionnaires, investisseurs… venant de plus de 30 pays. Après ces expériences, Loïc a eu besoin de nouveaux challenges et a souhaité «changer de ligue» en créant cette fois une société globale. Pour y arriver, le lieu incontournable pour lui est la Silicon Valley. En septembre dernier, il déménage donc avec sa famille pour créer Seesmic à San Francisco. Seesmic est un service de conversation live au travers de la vidéo. Ce service permet de voir et d’entendre les gens, de partager des expériences directement via leur webcam, de rejoindre une conversation en cours et d’engager une réelle interaction via la vidéo. Disponible actuellement dans une version alpha privée, le service est en cours de développement et sera proposé en beta privée d’ici mi-2008. Très à l’aise avec tous ces nouveaux médias, Loïc utilise les réseaux sociaux comme Facebook, son blog ainsi que son site www.loic.tv comme outils de promotion et de buzz pour y diffuser des vidéos quotidiennes ,«Seesmic du jour». Il vient de lever 6 millions de dollars, dont 90% auprès d’Atomico Investments (fondé par les créateurs de Skype et Joost, Niklas Zennstrom et Janus Friis) et 10% auprès de business angels européens et américains tels que Steve Case d’AOL, Michael Arrington de Techcrunch, Jeff Clavier de SoftTech VC, Michael Parekh de Goldman Sachs, Martin Varsavsky de FON, etc.
Ses conseils : «Utiliser les réseaux sociaux pour se faire connaître et rencontrer un maximum de gens, s’appuyer sur la communauté francophone de la Valley.»
www.seesmic.com


Loïc Le Meur (Seesmic)

4/ Hubert Thieblot, fondateur et CEO de Curse (San Francisco)

Joueur avide de jeux MMO (Massively Multiplayer Online Game) comme Dark Age Of Camelot puis World of Warcraft (WoW), Hubert Thieblot est à peine âgé de 20 ans lorsqu’il décide, début 2005, de créer le site web de sa «guild», son équipe dans le jeu, très reconnue : Curse. Il centralise sur ce site l’ensemble des add-ons (extensions non officielles permettant de rajouter des fonctionnalités utiles et pratiques pour un jeu donné) réalisés par la communauté des joueurs de World of Warcraft. En moins de dix-huit mois, profitant du succès incroyable de World of Warcraft (10 millions d’abonnés à ce jour), Curse devient l’un des portails les plus visités par la communauté de joueurs de WoW, le portail des meilleures guilds, la première base de données de add-ons de WoW, et surtout une société rentable qui a réussi à monétiser son trafic international grâce à la publicité. Fort de ce succès, Hubert décide de couvrir progressivement d’autres jeux MMO prometteurs tels que Guildwars, Vanguard, Warhammer Online, et de devenir un portail de destination dédié à la communauté de joueurs de MMO dans une approche 100% web 2.0. Début 2007, après une levée de fonds en Europe permettant à Curse de se développer, Hubert décide de réaliser son rêve d’enfant et de partir aux Etats-Unis, déménageant bureaux et équipe à San Francisco, là où se trouvent tous les leaders du web 2.0.

A ce jour, Curse fait partie des portails leaders dédiés à la communauté de joueurs de MMO avec la réputation et la crédibilité d’avoir été monté par un gamer passionné. Curse rassemble mensuellement près de 4,5 millions de visiteurs uniques, pour 85 millions de pages vues. Il vient de sortir une nouvelle base de données, WoWDB, dédiée à World of Warcraft et prévoit de lancer d’ici peu son offre d’abonnement Premium. Son business model est basé avant tout sur la publicité auprès d’éditeurs de jeux, mais aussi de gros annonceurs (informatique, entertainment, automobile, etc.) souhaitant toucher une population masculine entre 18 et 35 ans, mais aussi sur l’affiliation et donc bientôt l’abonnement premium. Curse s’est autofinancé les dix-huit premiers mois puis a levé 4,2 millions d’euros : 1,2 en 2006 auprès de Phillimore Investissement et 3 millions en 2007 auprès d’AGF Private Equity. La sortie visée est un rachat par un groupe de médias.
Ses conseils : «Venir ici en repérage trois mois avant de s’installer, trouver un partenaire sur place pour s’associer.»
www.curse.com


Hubert Thieblot (Curse)

5/ Julien Sornay, fondateur et CEO de Wuiper (Palo Alto)

Julien Sornay est l’un des derniers arrivés dans la Valley. Après une première expérience entrepreneuriale en France, de 2005 à 2007 avec la création d’une agence web spécialisée dans les voyages, Trip Prod, Julien décide de monter un projet web dans le domaine du voyage. Ne trouvant pas de financements en France, il choisit de partir pour la Silicon Valley en mai 2007. Après quelques mois et de nombreuses rencontres de personnalités du web, Julien travaille sur un nouveau projet dans le domaine du dating, alliant à la fois réel et virtuel : il imagine Wuiper, un nouveau moyen de communication (hardware + software) utilisant la technologie RFID, permettant d’entrer en contact avec les gens que l’on croise dans le monde réel comme dans le monde virtuel sans avoir leur nom ni leurs coordonnées. Le business model est la distribution gratuite via les marques qui paieront pour utiliser l’appareil comme support de communication et de promotion de services géolocalisés. Par exemple : Gap qui propose des réductions aux utilisateurs disposant de l’appareil Wuiper se trouvant près d’un de ses magasins. Une version alpha de Wuiper sera disponible en avril pour tester l’appareil et le service auprès d’un échantillon de personnes. La start-up, 3 personnes, n’a levé pour l’instant que 120000 dollars auprès de business angels pour développer la version alpha. Julien Sornay recherche donc 150000 dollars pour finaliser les développements et négocie, en parallèle, un partenariat avec un très gros acteur du software pour lancer Wuiper en beta. A moyen terme, le jeune entrepreneur n’est cependant pas certain d’avoir besoin d’autres fonds : d’une part car la monétisation du support semble pouvoir se faire rapidement avec les marques, d’autre part grâce à ce partenariat stratégique.
Ses conseils : «Se mélanger avec les américains pour mieux s’intégrer, bien étudier son business model car aucune idée n’est valable sans, démarrer son projet dans un mode «garage» avec de petits moyens – moins on a d’argent, plus on se débrouille –, se lancer le plus vite possible et faire une version alpha pour tester.»


Julien Sornay (Wuiper)

2 FONDS, 2 MODELES DIFFERENTS POUR FINANCER ET SOUTENIR DES SOCIETES GLOBALES

1/ VC : Vincent Worms, co-fondateur et managing partner de Partech International (San Francisco)

Vincent Worms est managing partner à San Francisco de Partech International, fonds de capital-risque qu’il a co-fondé en 1982. Avec 850 millions de dollars sous gestion, dont 255 millions pour le dernier fonds bouclé cet été, l’équipe est présente en France, aux Etats-Unis et en Israël, permettant au fonds de se positionner comme un acteur global. Les mêmes fonds sont donc investis aux Etats-Unis, en Europe et Israël dans 3 secteurs : software et Internet, communication et composants, biotechs. Aux Etats-Unis, Partech a investi notamment dans Intalio, inQ, Rock You, Wambo, Qype… et réalisé plusieurs belles sorties telles que Vignette (sur le Nasdaq), Akimbi Systems (vendue à Vmware), Apsylog (à Peregrine Systems), Verifone (sur le Nasdaq puis vendue à HP), etc. Le bureau américain a deux missions : identifier et investir dans des sociétés américaines, mais également être le relais aux Etats-Unis des sociétés européennes et israéliennes. Lorsqu’une société du portefeuille vient s’installer aux Etats-Unis, un nouveau partner américain lui est attribué afin de l’aider au mieux dans son implantation et son développement. Par ailleurs, Vincent Worms compte mettre en place prochainement, avec le conseiller du commerce extérieur dépendant du consulat français, un mentoring pour les entrepreneurs par des entrepreneurs.
«Penser globalement, agir localement.»
www.partechvc.com


Vincent Worms (Partech International)

VC : Jeff Clavier, fondateur et managing partner de SoftTech VC (Palo Alto)

Après une première partie de carrière chez Reuters, dont quatre ans comme président de RVC Capital, société de gestion du fonds de 600 millions de dollars de Reuters, Jeff Clavier, vrai passionné de nouvelles technologies, investit à partir de 2004 en tant que business angel et participe ainsi à 23 deals (dont Wikio et Netvibes en France) en trois ans, ainsi qu’à 5 sorties (dont Truveo et Userplane vendues à AOL, MyBlogLog vendu à Yahoo!). Fort de ce succès, il monte en août 2007 un second fonds SoftTech VC II, 12 millions de dollars, toujours spécialisé en seed. SoftTech a été financé par Norwest Venture Partners et quelques amis business angels tels que Reid Hoffman, fondateur de Linkedin, Loïc Le Meur, Mark Fletcher fondateur de eGroups et Bloglines, etc. L’objectif du fonds est d’investir sur deux ans et demi un ticket moyen de 250000 dollars uniquement sur des premiers tours, dans 30 à 40 sociétés Internet BtoC (social media, infrastructure consommateurs, gaming, etc.) basées principalement dans la Valley. Il a réalisé 10 deals à ce jour, dont Socialmedia, Active Athlete Media, Satisfaction Unlimited, Grouply etc. et 5 sont en cours de réalisation.
«Quand on rentre tôt, le potentiel est fort et le niveau d’échec est bas.»
www.softtechvc.com


Jeff Clavier (SoftTech VC)

Wellington Partners pense aussi global

Figure française de l’internet récemment installée à San Francisco pour lancer Seesmic, Loïc Le Meur (36 ans, HEC, serial entrepreneur de l’Internet, voir par ailleurs) rejoint les venture partners de la société de capital-risque européenne. Composée d’entrepreneurs reconnus dans les médias-télécoms ou les semi-conducteurs, cette équipe compte 9 experts, dont 6 basés aux Etats-Unis. «Nous souhaitons aider à construire des entreprises ayant une dimension globale», explique Eric Archambeau, associé de Wellington Partners, qui vient de lever 265 millions d’euros pour son nouveau fonds (WP IV Tech). «Sur le modèle de ce que Sequoia Capital a réalisé dans la Valley, nous avons développé ce système de mentoring de nos sociétés par des venture partners, associés au capital de notre fonds et ayant l’envie d’aider des entrepreneurs européens à réussir. Ils influent par leur expérience et peuvent aussi jouer le rôle d’intermédiaire pour le chef d’entreprise en ouvrant leur carnet d’adresses.»

Aurélia Ammour