L’UMP a été le premier parti politique à se lancer dans un marketing viral, s’appuyant sur l’e-mailing ainsi que le premier podcast vidéo politique. On se rappelle également de la polémique autour des mots clés « racaille » et « émeutes » qui pointaient sur le site de l’UMP, ou à l’inverse de la requête « Nicolas Sarkozy » qui pointait sur le site du film Iznogoud.

Le PS n’a pas été long à répondre par une offensive qui annonçait : «Nous avons besoin de votre énergie et de la force collective des militants pour parvenir à la victoire ».

Devant ces écarts, prévisibles et inhérents au fonctionnement même d’Internet, la CNIL a cherché à définir un code de bonne conduite pour ces élections d’un nouveau genre que les candidats et leurs partisans les plus actifs ont parfois du mal à respecter.

Quoiqu’il en soit, la campagne est désormais bien installée sur la toile et dispose même de son propre wiki. On assiste ainsi à une véritable guerre des référencements et liens sponsorisés. Les blogs, format original qui permet à tout à chacun de mettre son grain de sable dans cet énorme rouage, prennent également un essor considérable au-delà des blogs de particuliers et des blogs savamment tenus par les responsables politiques. Ainsi, on trouve aussi des blogs et sites de personnalités emblématiques telles que Patrick Poivre D’Arvor, ou encore l’improbable Robert Baud. Encore plus incroyable : le blog de François Mitterrand!

Les campagnes se développent également sur d’autres supports tels que le mobile ou la web TV. A présent, il devient même quasi impossible d’échapper à la panoplie d’outils et de gadgets d’analyse de campagne qui fourmillent sur le web : du Tendançologue au Présidographe, en passant par le Politest ou encore le vote interactif et autre comparateur et blogopole.

L’Internet est profondément présent dans ces présidentielles 2007. C’est aussi le territoire de clins d’oeils publicitaires avec des campagnes telles que thomson, Ikea, marcel président et même des plateformes issues du milieu internet comme myspace. La toile aura aussi été le territoire de coups bas, comme ce fut le cas avec cette rumeur, née sur la toile et qui a poussé le couple Royal/Hollande puis l’ensemble des candidats, à faire publiquement leur déclaration de patrimoine. Les coups bas ne manquent parfois pas d’humour. Si certains manquent de finesse, notamment ce montage d’une photo de Ségolène Royal sur une boite de vache qui rit, d’autres ne manquent pas d’humour comme en témoigne le site http://www.programme-bayrou.org. L’humour est décidemment très présent dans ces présidentielles, et certains blog n’hésitent pas à mélanger analyse des programmes et clins d'oeil aux principaux candidats : Demagolène, Sarkoleon et Calibayrou.

On assiste cependant à un mouvement de recentrage sur les programmes et leur contenu, notamment au travers de « MonVoteàMoi », outil d’aide à la décision politique et de détermination du vote qui devrait prochainement voir le jour sur la toile.

Kamil Essaidi